Vous lisez le journal de [info]xoarum

Shame

  • 11 déc 2011 at 12:53 PM
cinema

Date de sortie 7 décembre 2011
Durée : 1h 39min
Réalisé par Steve McQueen (II)
Avec Michael Fassbender, Carey Mulligan
Genre Drame
Nationalité Britannique

Et voilà comment j'en suis venue à négliger ce blog pendant un moment et pourquoi j'ai la volonté d'une nouille de m'y remettre. Si, si, si. Mais une nouille forte et bien cuite. Bref comme dirait l'autre. Toujours aussi peu de lecture au programme, ces moments deviennent rares et j'en suis la première désolée. Néanmoins ces temps dans les salles noires nous réchauffent un peu par ce temps enneigé mais si festif – youhou, Noël et tout. Mais même en cette future période festive, des choses arrivent comme cela d'un coup, comme l'effet d'une bombe ou d'une claque. Cette chose ici c'est Shame.
En fait, avec Shame, on parle d'une claque très différente des genres de film qui vous en mettent plein la vue. Shame, c'est plutôt se regarder dans une glace après et y penser à deux fois. On suit pendant un peu plus d'une heure et demi l'histoire de Brandon Sullivan. Cette histoire se raconte pourtant en quelques mots : addiction, maladie, honte, sexe. Trentenaire, il donne l'image d'un homme propre sur lui, un petit génie en entreprise et habite un appartement en plein New-York. Voilà comment lui-même se définit. Il travaille assez bien pour gagner l'argent qu'il ne dépense pas et est propriétaire d'une garçonnière qu'il ne prend pas la peine de décorer ni de le rendre habitable. Car derrière tout ce qu'il montre, Brandon cache un problème qu'il sait et qu'il tente malgré tout de combattre. Dépendant au sexe, chacune de ses journées sont réglées en fonction de ses crises personnelles. Dans le métro, la moindre jambe découverte démarre un flirt du regard. Au travail et chez lui, il n'allume son ordinateur que pour visiter, regarder et participer à l'industrie du sexe. Quand il ne ramène pas sa rencontre chez lui, il paye une prostituée ou se fait plaisir tout seul. Quand il ne ramène personne, il consomme les femmes sur place ou prend une chambre. Le jour ou Sissy, sa soeur, vient demander asile à ce frère qu'elle aime tant mais qu'elle rend malheureux, la vie de Brandon est déboussolée. Il décide alors sur un coup de tête de se raisonner, de tenter de combattre cette dépendance qu'il sait honteuse et taboue. Mais c'est mal juger nos pulsions qui nous habitent.
Avant de pouvoir envoyer des fleurs à Micheal Fassbender pour sa performance et Steve McQueen pour sa façon de tourner, je voudrais juste commencer par une petite critique qui je trouve devient une habitude. Apparemment c'est la mode des films sans paroles avec juste regard et musique. C'est esthétique, blablabla volcan en fumée, blablabla mais il y en a un peu marre. C'est beau et novateur la première demi-heure mais cela rend le film très long, très embêtant avec très peu de fond au final. Shame n'a rien d'embêtant mais certaines scènes sont longues – malgré le fait que je comprend en vu de son sujet d'avoir laissé ce genre de scènes trainer en longueur. Certaines scènes n'ont certes pas besoin de parole et où le regard des acteurs suffit à lui-même notamment les scènes dans le métro - dont la première me poursuivra à vie – mais aussi peu de dialogue lui fait perdre de la crédibilité et on en vient à regarder la salle et non plus le film. Je trouve qu'on en vient à oublier la parole qu'on remplace par du Bach (qui ici malheureusement n'est pas trop à sa place, la musique sort du film et n'y participe pas) ou par des acteurs muets.
Et en parlant d'acteur muet, je ne cracherais pourtant pas sur la performance d'acteur qui fait de Micheal Fassbender le deuxième acteur en vu du moment (parce que Ryan a déjà la place du premier désolée). Ils sont même en concurrence directe dans le rôle d'un homme torturé, en phase avec ses démons et la plupart du temps absolument muet. Mais pour avoir joué pratiquement toutes les scènes – il a avoué avoir eu une doublure mais n'a pas explicité à quel moment du film - il faut avoir un certain cran. En tout cas, il est prêt pour jouer dans n'importe quel film le garçon.
Toute l'action se déroule à New-York, ville qui correspond finalement très bien au personnage de Brandon. Il ne dort jamais et les quartiers évoluent en fonction de l'état d'esprit dans lequel il se trouve. En partie maitre de lui-même, on voit les intérieurs des bars classes de la ville, les endroits huppés et les hôtels aux baies vitrées sans complexe ni vie privée. La chute de Brandon s'annonce petit à petit dans une course effrénée puis s'achève dans une ambiance totalement différente. New-York dans toutes ses humeurs. En vue des plans qui pour la plupart sont magnifiques, c'est autant l'histoire de Brandon que celle de New-York : une vie en quelques jours.
Tout bien tout honneur, ce film change de ce qu'on voit d'habitude. Le sujet n'a rien de glamour et le film ni le personnage ne le sont. Ce n'est pas histoire de le prendre en pitié, on tente de comprendre par la relation qu'il a avec sa soeur qu'il y a bien un problème quelque part. Le pire doit être que Brandon ne s'amuse plus, ne vit pratiquement plus. En fait pour cette atmosphère ci du film, il vaut le coup d'oeil. Certains ne supporteront pas les nombreuses scènes de sexe d'autres y verront un pur chef-d'oeuvre. Ne sachant toujours pas quoi penser de ce film, je dirais qu'il est au moins à voir pour New-York et son pauvre Micheal perdu qui mérite amplement sa récompense de meilleur acteur.

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Misfits

  • 28 oct 2011 at 10:00 PM
Série

Titre original : Misfits
Série britannique
Genre : Drame, Fantastique, Science fiction
Format : 45mn
2 saisons, 13 épisodes toujours en production

Il parait que cela fait un an qu'elle me rabâche que Misfist (et d'autres mais parlons du sujet en question) c'est bien. Bon d'accord, je fus excessivement à la bourre et oui encore C. tu avais triplement raison mais comme dit le proverbe : mieux vaut tard que jamais. Il a fallu attendre que la colocation fasse son effet de « faire comme sa voisine » et que les premières minutes du premier épisode soient efficaces. Et elles le furent. Et elle furent même diablement efficaces. Parce que, C., effectivement Misfist, série anglaise pour grands ado est plus que bien.

On ne sait pas trop dans quelle partie de l'Angleterre l'histoire se passe. Plus les plans se succèdent et plus on se croirait dans une ville perdue genre Walking Dead – toujours pas commencé cette série mais le comic ne m'a pas inspiré du tout, cela reste une histoire de zombie ou y aurait-il plus que cela ? Mais on est rassuré de voir que ce n'est justement pas une histoire de zombie quand le plan se rapproche d'un immense bâtiment et qu'on voit cinq jeunes s'affubler du pire uniforme orange : celui des travaux d'intérêts généraux. Nathan, Simon, Kelly, Alisha et Curtis ont une seule chose en commun : ce ne sont pas des anges. Le premier est une grande gueule à l'humour scato, le deuxième est un asocial pyromane, la troisième est une cogneuse sans limite, la quatrième une allumeuse alcoolique et le dernier un coureur professionnel et dealer. Pourtant ils ne se ressemblent pas, n'ont rien à faire ensemble mais sont rassemblés par la société qui les condamne à travailler pour payer leur forfait. Et alors que tous réagissent différemment à l'idée de repeindre des bancs, ils sont frappés par une foudre qui va les déstabiliser ainsi que tous les habitants de la ville. À leur réveil, ils ont tous gagné un super-pouvoir. Maitrisant petit à petit leurs pouvoirs respectifs – même si c'est loin d'être facile pour tous – ils vont toujours devoir respecter leur engagement mais en survivant à des déchainements de fureur, de rage et de vengeance provoqués par cette même foudre. Liés par des secrets sanglants qu'ils – par accident ou non- provoqués, ils se doivent de rester ensemble et protéger leur existence.

En fait ce résumé est à la hauteur du ton gravissime de ma lecture du moment (oui, je me fais un rail d'Angel Santuary et oui c'est un ton grave) est véridique mais cela n'empêche que cette série à son pesant en humour bien noir qui fait bien rire comme il faut. Tous les personnages sont tous plus ou moins attachants bien que j'ai plus d'affinités, après avoir vu les deux premières saisons, pour Alisha et Simon - que je me refuse de dire pourquoi au risque d'être frappée par la foudre. Nathan a beau être une grande gueule, l'acteur est un petit bijou dans son jeu et donne à la série tout son intérêt drolatique. Kelly, bien qu'elle ait un physique particulièrement ingrat s'en sort avec un accent à couteau tiré et reste agréable sous ses airs de chef de gang. Alisha cache sous ses yeux de midinette libertine une jeune femme charmante mais qu'elle découvrira à ses dépens tandis que Simon… ah Simon je n'en dis rien c'est mon petit coeur et rien ne vaut la surprise de son évolution pour l'apprécier à sa juste valeur. Curtis serait celui le moins intéressant malgré son pouvoir utile et ma foi j'en finirais là.
Chaque épisode fait avancer petit à petit les personnages vers leur propre acceptation de soi-même et de leur entourage et surtout mettre en avant leur coté totalement barje et perdu face à une société qui ne les comprend pas. Chacun de leur pouvoir n'est que le reflet de leurs blessures et ils vont apprendre à les maitriser et surtout vivre avec. Outre leurs histoires personnelles, d'autres personnages interviennent, tous changés en bien ou en mal par la foudre, et auront un impact sur la petite vie des prisonniers. Qui dit super-pouvoir ne dit pas vraiment super-héros, vous l'aurez compris ils n'ont pas les épaules ni la carrure pour le devenir. Mais gros point fort de la série : ils n'en ont surtout pas envie.
Deux saisons de 6 et 7 épisodes respectifs sont diffusés pour l'instant, bientôt en France sur une chaine spécialisée de couleur entre le jaune et le rouge payante (oui je ne fais pas de pub, je n'en ferais pas). La saison 3 commence respectivement dans deux jours à l'étranger mais cette fois sans l'acteur qui joue Nathan à mon grand dam… On verra bien, je fais confiance aux autres personnages pour continuer sur leur lancée bien anglaise d'humour noir.

Bon et sinon, deux billets en une seule et même soirée, je me congratule toute seule.

Drive

  • 28 oct 2011 at 7:51 PM
cinema

Date de sortie cinéma : 5 octobre 2011
Réalisé par Nicolas Winding Refn
Avec Ryan Gosling, Carey Mulligan, Bryan Cranston
Interdit aux moins de 12 ans
Long-métrage américain
Genre : Action, Thriller
Durée : 01h40min 

Si on compte encore le retard que j'ai accumulé entre ce que j'ai lu, vu, etc… et qu'on additionne le nombre d'entrées de ce blog, je risque de m'aventurer dans des milieux scientifiques auxquels je n'y comprends rien mais qui expliquent aisément pourquoi les maths ne me servent que pendant les soldes. Tout cela pour dire que j'ai vu plein de trucs et que je vais tenter pendant cette bienheureuse semaine de vacances et de temps libre (moui moui on y croit…) d'alimenter la bête. Tout cela pour dire que nous sommes vendredi et que ca fait une semaine que j'ai écrit cette phrase – humour.
Aussi on va commencer par l'une des meilleures choses qui nous ait arrivé depuis longtemps : une énorme claque. Drive ce qui nous bottait avant tout c'était la présence de Ryan Gosling. Sympathique dans Crazy, Stupid, Love, le garçon avait séduit autant le public que les producteurs. Du coup, on le retrouve partout même quand on tape n'importe quoi sur Google, limite flippant. La bande-annonce nous plaisait sans grande conviction mais j'ai toujours été séduite par les films avec des voitures au moteur bruyant – oui même par Fast and Furious mais sans commentaires. Et enfin, même si Cannes cette année a brusquement décidé de donner des prix a des films évidents, le prix de la mise en scène n'est pas un prix que l'on donne à n'importe quoi.

Drive en quelques mots c'est l'histoire d'un de ces hommes qui arrive dans la vie des gens pour tout chambouler. De jour notre héros est un type discret au sourire timide mais sincère qui travaille comme garagiste et conduit comme cascadeur dans les films hollywoodien. Il travaille pour Shannon, un boiteux malchanceux et gaffeur et a pour voisine la ravissante Irène et son fils. De nuit c'est le type qui fait le taxi pour des truands. Il ne participe à aucun braquage, il ne veut pas savoir qui il a dans sa voiture, il ne fait que conduire et garantit à ses conducteurs qu'il est capable de les emmener ou ils veulent et sans encombres en 5 minutes. Pourtant en voulant aider le mari d'Irene sorti récemment de prison pour un dernier braquage, tout dérape. Doublé par la mafia locale, il est contraint de régler cette sombre histoire d'argent surtout que la mafia avance dangereusement vers sa précieuse Irène. Parlant peu mais frappant fort, il va arpenter les rues sombres de Los Angeles au volant de sa voiture, une sourde vengeance entre ses doigts.

Il faut s'avouer au départ que le scénario n'a rien de simple mais n'est pas non plus ce qu'on retient de ce film. Non ce que l'on retient de cette 1h40 de long-métrage c'est la mise en scène, le tournage, la musique et le jeu des acteurs. Ces derniers brillent à l'écran. Ryan Gosling nous fait un rôle à la James Dean, du type psychotique qui cache derrière ses adorables sourires et son regard fuyant un dangereux schizophrène et un meurtrier tout ce qu'il y a de plus violent et brutal. Le changement entre les deux personnages est bien tenu et Gosling nous prouve qu'en smoking ou en veste Scorpion (envie de chanter Still Loving You d'un coup…), charmeur ou barjo le garçon sait tout jouer. Pour l'instant. On attend la malheureuse bouse mais pour l'instant avec le futur Les marches du pouvoir, ca s'annonce plutôt bien. Même s'il brille totalement à l'écran, il ne cache pas pour autant la jolie Carey Mulligan en épouse éplorée de l'absence de son mari braqueur et Malcom Sénior (on a tous nos références mais sinon c'est Bryan Cranston) en manageur gaffeur.
Certaines critiques ont l'air de se demander pourquoi Drive a eu le prix de la mise en scène mais au vu de l'effet qu'il fait à la salle et surtout à mes voisins de siège, cela semble vite évident. Nicolas Winding Refn, le réalisateur, joue avec la musique rétro revisité (que je vous conseille fortement), les vues des rues glauques de Los Angeles de nuit, les bruits des moteurs et les rares accès de violence des personnages. Quand on sent son voisin de siège sursauter de surprise quatre fois d'affilés en concordance avec les quatre coup de feu du braquage loupé on sait que le réalisateur a gagné son effet. Mais si souvenez-vous la scène aussi silencieuse qu'un film muet (oh la liaison magnifique avec le prochain billet…) ou on n'entend que les coups de feu et le démarrage en trombe de la voiture. Pas de musique, pas de son juste les respirations de la salle. Mon voisin et moi-même savons pourquoi ce film a eu le prix de la mise en scène.
La seule critique que j'ai pu faire à la fin était la violence gratuite que ce film montre. Mais en fait, en vu des autres films du même réalisateur c'est explicable puisqu'il ne faut pas s'attendre à autre chose d'un type qui a fait Le Guerrier silencieux – que j'ai envie de voir – ou Pusher – que je ne verrais pas, j'ai toujours moins de 16 ans à certaines occasions. Donc ca n'a rien d'un xieme Fast and Furious… Parce qu'il y en a, hein, qui sont stupides et qui ne font pas semblant. Genre elle.

Bref, un conte de fée revisité ou le prince charmant ne monte pas un cheval blanc mais dont seul le sort de sa princesse le préoccupe. Et qui après avoir donné son baiser tant attendu décide de décapiter un type à coup de talon. On a envie de porter la même veste et les mêmes mitaines après sinon !

Belle

  • 26 sep 2011 at 7:03 PM
Litté fantasy-fantas


Titre original : Beauty
Auteur : Robin McKinley
Éditeur : Mnémos
Prix : 17€

S'il y a bien dans mes lectures de cet été un livre que j'attendais de lire avec impatience, ce fut bien Belle de Robin McKinley. En recherche de tout autre chose, parcourant avec flannerie les sites des maisons d'éditions spécialisées dans la fantasy, ce fut pourtant l'une des moins connues ou des moins sollicitées dans le genre qui attira mon attention. « Bragelonne » aura beau jouer la carte du commercial avec brio, elle n'en égalera jamais la qualité des impressions et des couvertures de « Mnémos » beaucoup plus recherchées. Petite nouveauté à leur catalogue, Belle n'en fut pas moins écrit dans les années 80 il s'agit donc d'une ré-publication/impression/traduction. Qu'importe l'année à laquelle le texte fut écrit, Belle aura au moins le plaisir de se retrouver avec l'une des couvertures les plus raffinées, élégantes et révélatrices de son contenu. Pas de doute, on est bien ici dans le mythe de la Belle et la Bête. N'ayant jamais expérimenté la lecture de ce conte et étant une fan inconditionnelle du Disney (bah-ouais et j'en connais même toutes les chansons), le contenu ne pouvait que m'attirer.

Avant de s'appeler Belle – ce qu'elle regretta par la suite au vu de son physique ingrat – elle s'appela Honneur. Fille d'une mère morte en couche et d'un père aimant et commerçant, Belle a deux soeurs Grace et Esperance. Tout leur réussissait et on allait même bientôt célébrer les noces de l'ainé avec un marin et employé de son père. Ce dernier voulant braver les mers et revenir en héros riche décida de partir et emporta les navires du commerçant. La famille de Belle se retrouva vite en faillite du au retour improbable du marin et des navires. Sans le sou, le jeune forgeron du village décida d'épouser la deuxième soeur et emmena toute sa belle-famille avec lui au fin fond des montagnes à la lisière d'une forêt enchantée et d'un village pour y exercer son métier. Belle et sa famille s'adaptèrent à cette nouvelle vie beaucoup moins aisée non sans difficulté. Et espérant retourner à ses affaires, le Père décida de partir mais revint avec une effroyable nouvelle. En se perdant dans la forêt, il entra par inadvertance dans un château enchanté ou il fit la grave erreur de voler une rose. Une Bête comme il n'en avait jamais rencontrée le menaça et lui proposa pour réparer sa faute de revenir dans un mois au château pour ne plus jamais y repartir. Refusant d'emblée, la Bête proposa alors que ce soit sa fille qui revienne à sa place. Le Père fut réticent puis Belle, sachant cette nouvelle, décida de partir de son plein gré. Bloquée dans un immense château enchanté ou aucun animal n'ose s'approcher, Belle va devoir apprivoiser cette Bête qui ne cesse de lui demander de l'épouser tous les soirs.

Forcement la petite fille qui sommeille en nous n'y voit que conte de fées, prince charmant et autre fanfaronnade qui n'ont pourtant rien de méchant. On redécouvre le mythe ou McKinley prend quelques libertés et ce n'est pas plus mal. Le style est élégant, tout en douceur où on flotte un peu dans cette atmosphère de forêt et de château enchanté. Le personnage de Belle n'a rien d'une potiche ou d'une princesse perdue mais bien d'une grande réaliste qui ré-apprend à rêver. Le seul point négatif que j'en tirerais c'est qu'il n'y a aucune surprise. On connait la morale de l'histoire et aucun détour ne peut être envisagé – ce que en passant Patrick Sobral avait fait dans sa bande-dessinée La Belle et la Bête et qui du coup déçoit énormément. La BD perd tout son intérêt dès que le contenu sort du contexte du conte. La fin est très fleur bleue et va trop vite pour qu'on puisse apprécier le livre en son entier.

Cela n'en reste pas moins une lecture agréable, un petit moment de survol enchanté et surtout un très bel objet.    


L'Hypnotiseur

  • 25 sep 2011 at 7:14 PM
Litté policier terreur


Titre original : Hypnotisören
Auteur : Lars Kepler
Editeur : Actes Sud
Prix : 23 €

Une chronique qui va aller assez vite vu le peu de choses que j'ai à dire sur cette lecture. La collection "Actes Noirs" d'Actes Sud ne m'avait jamais déçue jusque là. Polars atypiques ou les auteurs sont inconnus au départ et deviennent au fil de la lecture des références en matière d'enquête, d'écriture, d'ambiance et de palpations cardiaques. Cela a fonctionné pour Camilla Lackberg, pour Andrew McGahan mais gros choux blanc pour le couple d'auteurs Lars Kepler et leur premier titre L'Hypnotiseur.

Joona Linna est inspecteur de police à Stockholm. Considéré comme l'un des meilleurs, il ne recule devant rien pour connaître le fin mot d'une histoire et ses méthodes sont loin d'être appréciées par son entourage et surtout par sa hiérarchie. Le pouvoir ne l'intéresse pas mais il aime profondément son travail pour le faire bien, voir trop bien. C'est pourquoi il décide de reprendre l'enquête sur les meurtres sauvages de la famille Ek. Le père fut poignardé dans les vestiaires d'un gymnase tandis que la petite fille et la mère furent lacérées dans leur maison. Malgré ses profondes blessures, Josef le jeune adolescent est encore vivant mais dans un état critique. Emmené d'urgence à l'hôpital, il est dans le coma et récupère difficilement. Joona n'est pas spécialement ravi de la situation et voudrait parler au jeune garçon pour savoir ce qu'il a pu voir et surtout pour lui dire ou se trouve sa plus grande soeur, toujours en vie mais surement en danger de mort. Aussi pour faire avancer l'enquête au plus vite, il demande de l'aide à Erik Maria Bark. Spécialiste des traumas et des chocs, Erik est surtout l'un des rares experts en hypnose. Réticent au départ de la demande d'hypnotiser Josef, Erik va toutefois accepter au profit de l'enquête. Il va surtout briser la promesse qu'il s'était faite dix ans plus tôt de ne plus jamais hypnotiser. Et accepter cette hypnose va plonger Erik dans un tourbillon en enfer.

Ca semblait alléchant. La notion d'hypnose attirait, les personnages d'Erik et de Joona avaient tout l'air de faire un très bon duo, on avait le décor gore d'une scène de massacre familial et on avait le suspense provoqué par les révélations du gamin. On avait tout cela jusqu'au premier quart du livre et puis d'un coup… c'est le drame. C'est ennuyant, c'est longuet, c'est bien de trop tourné vers l'hypnotiseur et Josef est oublié, remis au second plan bref il ne porte plus aucun intérêt. Le résumé n'a plus rien à voir avec le livre et on s'attend à une surprise qui ne vient jamais. Le flash-back d'Erik dix ans plus tôt n'arrive pas à nous tenir en haleine et on découvre vite tout le fin mot de l'histoire. La fin d'ailleurs du livre est plate au possible. Le scénario en lui-même n'a rien de très crédible et vire à l'absurde (le personnage de Lydia en est l'exemple parfait). L'enquête vire à la consultation de couple et à un épisode foireux de FBI portés disparus (Jack Malone est dans le coin malheureusement). Erik n'est pas intéressant et Joona fut ma plus grande déception. Alors qu'il avait tout d'un Raylan Givens suédois (voilà, comme cela on sait déjà quelle série je suis en train de regarder en ce moment… sinon faut chercher et regarder !), nous voilà avec un grand blond orgueilleux et prétentieux qui nous fait des caprices à chaque mystère qu'il décèle. Et pour ne rien arranger, l'écriture n'a rien de très lisible (certaines phrases ne veulent rien dire… je sens le travail baclé…).

Bref à oublier, à enterrer et à surtout aller voir ailleurs. 


Crazy Stupid Love

  • 20 sep 2011 at 7:51 PM
cinema

Date de sortie cinéma : 14 septembre 2011 
Réalisé par John Requa, Glenn Ficarra

Avec Steve CarellRyan GoslingJulianne Moore, Emma Stone, Marisa Tomei, Kevin Bacon
Long-métrage américain
GenreComédie , Romance 
Durée : 01h58min 


Il manque cruellement mon article sur Captain America et laisse à mes histoires un arrière-gout de manque et de vide impossible à remplir. Je traine d'une façon indéchiffrable dans mes lectures, bloquée par mon nouveau rythme de vie et surtout par la non-motivation de continuer. Bref, rien ne va et pourtant je vais me mettre à jour et vous parler du dernier film vu et largement apprécié. Encore une fois, la raison de notre envie d'aller voir Crazy, Stupid, Love n'était pas le sujet ô combien débattu, rabattu et battu tout court mais bien pour apprécier regarder un jeune acteur en vogue qui montre tellement de bonnes choses (plusieurs en fait…) et qui, on l'espère, va en montrer d'autres d'ici quelques années. Crazy, Stupid, Love il faut partir avec l'idée que ca va rester une indémodable comédie américaine comme on pourrait en voir tous les mercredi. Aussi que pourrait-elle avoir de plus ?


Cal Weaver se retrouve perdu quand au bout de vingt ans de mariage, sa femme tant aimée Emily demande le divorce. Il avait pourtant une vie toute tracée : un bon mariage, des enfants formidables, une carrière en bonne voie. Ce divorce le mine, il ne comprend pas et prend très mal que sa femme soit allée voir ailleurs. Déboussolé, il passe ses soirées au bar, à crier sa détresse et à pousser des soupirs. C'est alors qu'il fait la rencontre de Jacob, un charmeur invétéré adepte des aventures d'un soir vivant dans le luxe. Il décide de prendre en main Cal et l'initie à sa propre vie pour tenter de lui faire oublier sa femme. Cal se métamorphose et reprend sa vie en main. Mais malgré tous ses efforts, il n'arrive pas à oublier sa femme qui, elle, semble se rendre compte petit à petit de son erreur. Entre temps, Robbie 13 ans tente de conquérir le coeur de sa baby-sitter Jessica 17 ans, et Hannah future avocate attend impatiemment que son petit ami la demande en mariage, si seulement Jacob pouvait la laisser tranquille.

Et bien ce qu'elle pourrait avoir de plus c'est son casting, ses gags et sa fraicheur. On retrouve avec plaisir Steve Carell et la très jolie Julianne Moore. Emma Stone sort enfin de son rayon des films haut en voltige (ah la merveilleuse Revanche d'une blonde…) et enfin on a la tête montante de nos jours heureux Ryan Golsing… Ah Ryan… Les 500 personnes présentes dans la salle de cinéma ont exprimé des sentiments divers et variés pendant une certaine scène. Quand certains se sont mis à rire (jaloux), d'autres ont soupirés (jaloux) et toutes les autres ont soupiré d'aise, gémi, sifflé, etc… (le etc vient du fait qu'il fait noir au cinéma. Je ne vois pas mais j'entends c'est tout…). On enlève pas son pull-over de cette manière sans avoir aucune réaction dans la salle. Mais outre le fait que le monsieur à une jolie plastique, Ryan Golsing rejoint le rang des Bradley Cooper et autre Joseph Gordon-Levitt des acteurs à suivre… Et c'est avec une grande impatience que nous attendons Drive ou Monsieur aura la joie de nous montrer ses talents de conducteur et d'enlevage de veste (pourquoi s'arrêter en si bon chemin…). Pour les gags et la fraicheur que dégagent le film, il est sans contexte que pendant 2 heures on rigole bien. Répliques cultes, situations rocambolesques, jeux d'acteurs (coup de coeur pour Marisa Tomei mémorable en charmante (?) prof d'anglais). Le principal reste efficace pour passer un très bon moment et on évite même une fin trop prévisible et qui tourne dans le mélo.

On va juste revenir rapidement sur Ryan Golsing et la réplique d'Emma Stone qui va juste devenir culte. On sait très bien que la vraie vie c'est pas le cinéma mais voilà le deal : dans la liste des choses à faire avant de mourir il faudrait rajouter : se trouver dans une situation ou l'homme en question mérite qu'on lui dise « Je le crois pas, on dirait du photoshop ! »…    

 
Ok, show time 


Cowboys & envahisseurs

  • 15 sep 2011 at 7:31 PM
cinema

Titre original : Cowboys & Aliens 

Date de sortie cinéma  24 août 2011 

Réalisé par Jon Favreau

Avec Harrison FordDaniel CraigOlivia Wildeplus

Long-métrage américain

Genre : Science fiction , Western , Action , Aventure 
Durée : 01h57minAucun commentaire sur le fait que rien ne fut écrit depuis le 23 aout, on va dire que c'est cette même histoire dramatique du temps qui passe trop vite, bla bla. Du coup, on passe au dessus et on rentre tout de suite dans le vif du sujet. Sujet qui pourra faire sourire nombre d'entre vous qui verront l'affiche américano-absurdico du dernier film de Jon Favreau. Rappelons-nous, Favreau c'est d'abord Iron Man en tant que production et réalisateur mais aussi un acteur dans des grosses productions de comédies américaines – non Iron Man n'est pas (si, si) une production américaine c'est de l'art. Du coup, il faut savoir mélanger Iron Man, James Bond, Indiana Jones, un docteur, des cows-boys et des aliens. Ok, d'accord. Show Time…

La terre est aride, les plantes sont mortes, le ciel est bleu, le soleil assèche. D'un coup, un cow-boy se lève comme se réveillant d'un mauvais cauchemar en plein coeur du désert de l'Arizona. Cela aurait pu être le début d'un banal western où le mauvais cow-boy se retrouve à fuir Calamity Jane si ce dernier n'avait pas un étrange bracelet en métal impossible à enlever comme incorporé à son bras. Surpris par trois cow-boy qui lui veut du mal, notre héros -parce que c'est lui- tire sur tout ce qui bouge, vole des vêtements pour se rendre présentable et un cheval pour atteindre la prochaine ville. Sans un mot, juste un regard sous le chapeau, voilà un cow-boy qui vogue à travers les cratères et les rocheuses afin de comprendre pourquoi il en ait arrivé là et pourquoi diable il porte un bracelet à son bras. Il se retrouve à Absolution, une ville perdue au milieu de la carte austère et contrôlée par le seul homme riche de la ville : l'ex Colonel Woodrow Dolarhyde. Rapidement notre homme va faire fureur parmi les autorités et retrouver son identité. Il n'est autre que Jake Lonergan, un bandit des chemins recherché pour vol d'argent. Et comme le monde est petit, il se trouve que l'argent appartenait à Woodrow qui, informé de la présence de son voleur dans sa ville, va tout faire pour faire justice. C'est alors que le soir-même, alors que Lonergan est en prison, que Woodrow crache sa rancoeur que les aliens débarquent.

Forcement, cela prête à sourire. Quand on pense alien, on est loin de penser à cow-boy (surtout quand cow-boy nous fait penser d'abord à Retour à Brokeback Mountain…). Du coup, quand certain sont de suite rebutés par le titre (qui faut l'avouer n'a rien de très tentant) d'autres prennent leur courage à deux mains pour aller voir ce que donne ce mélange si atypique et si improbable. Avant de commencer à pinailler un bon coup, il faut quand même avouer que Favreau a un certain mérite à vouloir faire un film sur des cow-boys et des aliens. L'idée en serait même originale mais ô combien risquée. Du coup, en sachant cela, en s'étant préparée au dixième degré nécessaire, j'en concluerais que Cow-boy & envahisseurs, ca m'a bien plu. Pas de coup coeur, pas d'enchantement, juste un bon divertissement.
On a de grands paysages qui font plaisir, on retrouve l'ambiance western (un peu trop propre peut être, on est loin du crachat de cigare de Clint Eastwood) et on a une bande-son moderne mais qui accompagne très bien l'action du film. Et que dire du casting qui lui donne malgré tout ce qu'on peut en dire une certaine qualité. Harrison Ford qui revient en force dans le rôle d'un ex colonel grincheux, Daniel Craig qui change son smoking pour un chapeau de cow-boy qu'il porte tout aussi bien et enfin Sam Rockwell qui est parfait partout mais qui est trop peu présent. J'annonce par contre qu'Olivia Wilde a fini par rejoindre Scarlett Johansson dans la liste des actrices énervantes et sans talent. En plus d'avoir un rôle pas grandiose, elle ne fait pas grand chose pour l'améliorer. On note aussi quelques incohérences d'ici delà mais rien de méchant ni de gênant si toutefois vous gardez le dixième degré dans lequel vous devez vous noyer tout le long du film.

Favreau n'a pas fait un chef d'oeuvre, juste un film de plus dans les productions américaines de bases un peu originales. On a des grands acteurs qui jouent parfaitement leur rôle (Daniel Craig lance des regards aussi brulants que la braise sous son chapeau tel James Bond dans son Aston Martin et c'est… efficace), on a des cow-boy qui essayent tant bien que mal d'attraper des aliens (horribles en passant) au lasso et on a des Indiens. On a de tout dans ce film alors pourquoi donc se priver ?

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La Cassure

  • 23 aoû 2011 at 2:15 PM
Litté policier terreur

Titre original : Broken
Auteur : Martina Cole
Editeur : Fayard

Je sais que cela n’a rien de sérieux. Tellement de choses lues et vues et pas un mot dessus. Si ce n’est pas de la flemme coupable cette histoire ! Donc on va tenter de rattraper ce retard avant qu’il nous submerge. Aussi on va commencer par, non pas le plus long ni le plus court mais en tout cas avec celui ou il n’y a quasiment rien à dire. Je m’étais dit dans ma pitié que je laisserais à Martina Cole une deuxième chance. Et comme à la fin du premier, le deuxième me laisse un arrière gout d’absurdité mais je lui laisserais encore une troisième chance. Manque de pot, la dame veut être milliardaire avant ses 50 ans et écrit des livres à longueur de temps.
On retrouve dans  les mêmes personnages que dans le premier tome. Quatre ans se sont écoulées, Kate et Patrick s’aiment d’un amour indestructible surtout quand la-dit Kate a emménagé dans son manoir. Maman et fille parties pour l’Australie, Kate vit une belle vie sans tâche avec son ex-truand. Le dit ex-truand a par contre des choses à se faire pardonner au début du récit. Beaucoup moins retiré de ses anciennes affaires qu’il ne voudrait le faire croire, Patrick se trouve bien embêté quand un règlement de compte mortel se déroule dans le dernier club de strip-tease à son nom. La victime avait apparemment roulé Patrick dans la farine avec l’aide d’un nouveau caïd qui voudrait reprendre le marché délaissé par Patrick. Le bonhomme est cruel, est lié à des affaires de réseau de prostitutions étranger et pire encore il est russe. Rien ne plait plus à Patrick que de se faire doublé dans ses affaires – affaires qui viennent dangereusement titiller l’oreille de Kate qui fulmine, l’injurie et le quitte. Le couple déchiré par les problèmes de Patrick n’arrange pas les affaires de la policière qui se retrouve quant à elle à enquêter sur une affaire d’enlèvement d’enfants sordides. Les mères cumulent les problèmes et tous les témoins portent à dire que les enfants se sont fait jeter dans les bennes à ordures par leurs propres mères. Ces dernières nient toutes en blocs alors que rien ne jouent en leur faveur. Elles sont toutes droguées, célibataires, 3 à 4 gosses sous le bras et sont toutes suivies par Roger Bateman un assistant social. Rien ne prédestinait surtout Kate à découvrir que derrière ces enlèvements d’enfants se cachaient un réseau de pédophilie autorisé par les mères et perpétré par une mystérieuse femme. Les évènements s’enchainent la situation empire pour Patrick Kate jusqu’à ce que l’ex-truand se fasse tirer dessus en pleine rue. Pendant que Patrick se trouve pendant tout le livre entre la vie et la mort, Kate joue le mauvais flic avec la chasse au russe et la mère terrorisée par les pédophiles.

Je vais lui laisser une troisième chance à Cole. Parce que le livre est très inégal en matière de bons et mauvais passage. Toute l’enquête de Kate qui vire au trash jusqu’à la surprise horrible est originale, bien ficelée et intelligente. Elle est surtout inhumaine et porte vite sur l’horreur des situations. L’histoire avec Patrick par contre n’a rien d’intéressant et –j’avoue- n’avoir rien compris au pourquoi du comment. Il y a bien sur une histoire d’argent derrière tous ces règlements de compte mais même Patrick s’y met puis se fait descendre puis Willy se fait enlever puis, et puis et puis rien de bien original là-dessous. Maintenant les passages les plus absurdes, qui font sourire qui rendent l’histoire beaucoup moins crédible nous montre une superwoman dès que Kate reprend l’histoire de Patrick. Son homme entre la vie et la mort la change en un flic peu honnête qui joue des poings et des barres de fer voir des enlèvements pour faire justice. L’écriture est plus crue que le premier et on a l’impression que les anglais jurent à n’avoir que ca à dire. Et enfin Cole ne sait pas faire les happy-end mais alors pas du tout. Sans rien dévoiler je pense avoir lu le mariage le plus merdique de toute l’histoire de la littérature. Vraiment. Et sans exagérer…
Voila, pas grand-chose à dire sur cette suite pas mirobolante mais entrainante. Du coup a force d’être sceptique je lirais bien le troisième tome.


Quand souffle le vent du nord

  • 03 aoû 2011 at 7:05 PM
Littérature classique


Titre original
: Gut Gegen Nordwind
Auteur : Daniel Glattauer
Éditeur : Grasset
Date de publication : novembre 2010

La pause fut de courte durée. 45 minutes de métro et quelques heures de noctambulisme pour terminer ma pause romantique que je m'étais fixée avant de me replonger dans mes polars. La faute à qui ? À Daniel Glattauer et à son vent du nord qui pourtant au prime abord m'a beaucoup frustré. On est content de ce livre mais il m'a fait retrouvé ma sale manie de lire la nuit. Les journées vont être longues…

Le 15 janvier, Emma Rothner reçoit son exemplaire du magazine Like et hors d'elle se lance et envoie un mail à l'administrateur du magazine pour résilier son abonnement. Les jours et les semaines passent sans réponse jusqu'à ce qu'elle s'énerve et en renvoie deux ou trois. La réponse ne tarde pas mais est de loin celle qu'elle attendait. Un certain monsieur Leike lui répond qu'elle s'est trompée d'adresse, qu'elle n'est pas la seule et qu'il aimerait bien que cela s'arrête. Des semaines plus tard, Emma renvoie un mail à Léo Leike, pensant encore qu'elle injure l'administrateur du magazine. Une nouvelle erreur que Léo lui fait gentiment remarquer. Et quand Emma envoie un mail groupé pour sohaiter la bonne année, Léo en fait partie. Commence alors entre Léo et Emma une correspondance tout à fait fortuite, hasardeuse et timide. Léo et Emma font de cet échange un défouloir et surtout une autre vie. Emma, mariée à un homme de 15 ans son ainé père de deux enfants y voit un échappatoire à cette vie qu'elle décrit pourtant comme parfaite. Léo sort d'une relation avec une femme qu'il aime passionnément mais qui n'est pas réciproque et plonge dans une profonde détresse amoureuse. On raconte sa vie, ses états d'âme jusqu'à ce que les sentiments de chacun évoluent et changent. Emma fait de Léo son âme soeur virtuelle et Léo fait d'Emma sa muse imaginaire. Amoureux transi, ils se cachent physiquement derrière leurs mots sans jamais vouloir vraiment se rencontrer. Un jour pourtant, il va bien falloir et mettre à plat ce que cet échange représente pour eux.

Grand coup de coeur des libraires à sa sortie en novembre 2010, il a plu à beaucoup et a chuté devant d'autres. On se sent mitigé à la lecture de ce roman épistolaire. Cela une reste une belle histoire d'amour entre deux entités qui se rencontrent virtuellement et qui ne se croisent jamais. Les mots filent, les journées aussi mais les sentiments grossissent jusqu'à devenir irréparables. Cela va changer leur vie, leur entourage mais ils prennent peur tous les deux dès que cela touche de manière concrète leur manière de vivre. Léo est l'homme qui défend ses sentiments, un peu naïf mais extrêmement frileux. Il avance comme il recule avec une facilité qui déconcerte son opposé féminin Emma. Elle est plus directe, réaliste, amère. Elle est surtout extrêmement insupportable et ses crises féminines font plus que lever les yeux au ciel.

C'est un bon roman d'amour qui réussit à nous porter dans leur échange. Mais les personnages sont lourds de clichés et on a du mal à s'y retrouver. Et malgré tout 400 pages d'échanges de mails est un peu longuet par moment et la fin est frustrante, infinie et incomplète. Aussi l'auteur a eu la bonne idée de faire une suite et fin La septième vague. Je la lirais bien parce que Quand souffle le vent du nord m'a fait passer le temps, m'a fait rire par moment mais avec une envie de le finir vite pour passer à autre chose. Vais donc me remettre à mes polars, polar dont j'ai de grands espoirs vu l'originalité du résumé…

Mémoire d'une nuit d'orage

  • 02 aoû 2011 at 7:51 PM
Litté policier terreur


Titre original
: The Scent of rain and Lightning
Auteur : Nancy Pickard
Editeur : France Loisirs
Date de publication : aout 2011

On reste toujours dans le polar – qu'on va arrêter d'ailleurs pour un temps parce que c'est déprimant ces gens qu'on fait disparaître d'un coup de mots… - et dans un polar pas comme les autres parce que ces bonnes 460 pages ne sortiront dans vos boutiques qu'au mois de septembre (et voui…).

Digne d'un bon polar, Mémoire d'une nuit d'orage nous plonge dans le Kansas aride, désertique ou se trouve des grandes fermes, des cow-boys, des pâturages et un ciel sans nuage. Ici on s'imagine les virevoltants qui filent avec le vent, les bottes des cow-boys qui laissent des empreintes sur le sol rouge, les vieux fermiers qui s'égosillent à se balancer sur leur rocking-chair et les bonnes femmes bien rondes qui balaient le devant du saloon. Bon ce serait exagéré et trop remonté dans le temps mais vous êtes clairement dans l'ambiance de la petite ville de Rose. Régie par les Linder, une famille de fermiers aux nombreux terrains, ils sont connus et admirés de tous. Hugh senior fait vieux grincheux mais fait tout ce qu'il peut pour aider les jeunes de sa région en les embauchant s'ils tournent mal. Il peut être sévère et grognon la plupart du temps mais reste fidèle à sa femme Annabelle, connue pour sa gentillesse et aimant envers ses trois garçons et sa fille unique : Hugh-Jay, Chase, Bobby et Belle. Le premier est marié à la très jolie citadine Laurie avec qui il a eu la petite Jodie, trois ans. Le deuxième court les filles et charme par son air désinvolte tandis que le troisième plus renfermé se cache derrière ses ainés. Belle quant à elle s'est jetée corps et âme au désespoir de ses parents à l'élaboration d'un musée local. Les problèmes commencent quand Hugh senior se voit contraint de mettre à la porte l'un de ses employés Billy Crosby à cause de ses agissements violents dû à l'alcool. On sait qu'il bat sa femme, surement son fils et a fini plusieurs fois en prison. Quand Hugh senior et Annabelle découvrent une de leur vache morte avec des signes d'incendie autour, leur décision de le jeter hors de leur maison s'impose de suite. L'arrestation se passe sans encombre au petit matin jusqu'à ce que Billy soit relâché dans la soirée faute de preuves. C'est alors qu'en une nuit tout va basculer pour le pire. L'orage gronde de plus en plus fort dans la soirée et c'est le déluge qui tombe sur Rose. L'électricité est coupé, on déconseille fortement aux habitants de sortir. Annabelle se retrouve seule avec sa petite fille Jody dans sa grande maison, apeurée par la situation. Chase, Bobby et Hugh senior doivent dormir à l'hotel tandis que Belle et Meryl, son fiancé et employeur modèle d'Hugh senior dorment dans le musé. Laurie se retrouve seule chez elle et Hugh-Jay est en route pour le ranch du Colorado afin de régler des différents d'argents. Quand le matin se lève, Annabelle décide de retrouver chacun de ses enfants et son mari pour un petit-déjeuner familial. Quand elle passe la porte de la maison de Laurie et de Hugh-Jay, elle retrouve son fils mort, tué par balle. Plus tard, on retrouve la voiture de Billy Crosby, la robe ensanglanté de Laurie mais pas le corps de la jeune femme. Parce que toute la haine s'était portée envers Billy Crosby la veille et qu'on a pensé à une vengeance Billy s'est retrouvé en prison pour le meurtre de Laurie et Hugh-Jay.

Vingt-trois ans plus tard, Jody a 26 ans. Elle est surprotégée par ses oncles Chase beaucoup plus renfermé que pendant sa jeunesse, Bobby qui est parti à l'armée juste après les meurtres de son frère et de sa belle-soeur et Meryl devenu avocat. Alors qu'elle pensait avoir vécu le pire, on lui apprend un matin que le dossier de la mort de ses parents est réouvert, que Billy est libre présumé soudainement innocent et tout cela grâce à son fils Collin qui, devenu avocat, a tout fait pour le libérer. La venue de Billy va déchainer les passions, les colères et surtout l'incompréhension. Si Billy n'est pas le coupable rêvé, qui se cache parmi les habitants de Rose que Jody aime et côtoie et qui a tué ses parents ?

On rentre dans le polar bateau du coupable qui n'est pas coupable et de la famille innocente finalement pas très innocente. J'avais pensé à autre chose après avoir lu le résumé mais finalement Pickard s'en sort plutôt bien et nous sert un polar original de par son ambiance de cow-boy perdu au fin fond du Kansas et de part sa construction du récit. Histoire actuelle ou Jody a 26 ans et tente par tous les moyens de s'en sortir malgré la libération de son pire cauchemars et enfin deux grandes parties de flash-back la première pour raconter le soir du meurtre et la deuxième pour clôturer et révéler toute l'histoire. Et cette conclusion est assez surprenante. D'abord parce qu'on ne s'y attendait pas mais surtout parce qu'on se sent frustré des dernières pages. C'est difficile d'en parler sans en dire trop mais disons que ces dernières pages gâchent la fin. Les personnages ne sont par contre pas très intéressants. On a les archétypes de la famille de cow-boys et n'ont rien de passionnants dans leur états d'âmes ou leurs réactions. Jody est quand même bien atteinte et la relation qu'elle va avoir avec Collin arrive comme un cheveux sur la soupe. Mais malgré toutes ces petites critiques, on sent la tension partout dans ses lignes et ses pages et on s'amuse à détecter des indices qui servent à comprendre les deux époques.

Je soupire à l'idée que finalement je suis loin d'avoir finie avec le polar mais on fait une petite pause de douceur et d'échange de mails… A suivre.

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